• Un article dans un journal de Limoges


    "La Province" -  Extrait d'une lettre d'un Colon installé à Mondovi.
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    "Nous avons été parfaitement accueillis par la population de Bône ....... Nous sommes installés sous des tentes pour le moment ; prochainement nous serons mieux. Notre village est à 7 lieux de Bône, qui est une jolie petite ville bâtie à l'européenne; je bois et l'eau ne manque pas; la rivière fournit du poisson à discrétion ; en deux heures on peut pêcher à la ligne 10 à 15 livres de poisson.
    Il n'est pas possible de voir des plaines aussi belles que celles de nos environs ; on nous a distribué nos jardins et nous avons de quoi planter, je vous assure ; dans quelques jours, on nous donnera nos grandes terres. Le moral des colons est excellent; tout est à très bon marché pour la vie dans cette province: la viande vaut quatre sous la livre, les légumes sont excellents, le poisson de mer très beau et bon, deux sous la livre ; les petits pois sont en fleur et nous espérons en manger dans un mois. Je vous déclare qu'il y a quelque chose à faire pour l’homme intelligent ; quand nous aurons notre petite maison bâtie, moi et ma femme, nous nous trouverons très bien ; c'est, je crois, la seule chance de salut pour celui qui veut vivre par le travail. Rassurez, je vous prie, ceux qui vous parleront des terribles maladies d'Afrique. Tout le monde possède ici les figures les plus rassurâmes à cet égard. Las Arabes viennent dans notre camp nous apporter du lait, du beurre et des poulets, dont nous avons deux pour 1 fr. Rien de plus pittoresque de voir cette population juive, maure, arabe et bédouine. Ils sont très doux. Nous n'aurons même pas à défricher; les terres sont recouvertes d'un gazon que l'on peut facilement enlever. Je vous prie d'engager mon beau frère à venir nous retrouver dans quelque temps et qu'il se fasse toujours inscrire à l'avance; il peut espérer un avenir heureux pour ses enfants. On peut facilement trouver ici du monde pour travailler et je vous assure qu'il faut plus d'intelligence encore que de force. Dans quatre ou cinq mois, nous pourrons jouir de nos premières récoltes. Le sanglier vaut quatre sous la livre. La nuit nous avons fréquemment un concert de chacals : c'est pas harmonieux ; il faut bien s'en contenter, faute d'autre corps de musique."