• Le cimetière est ouvert en 1851

    Le cimetière est ouvert en 1851
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    Il était malheureusement impossible d’imaginer la création d’une commune sans envisager le cimetière.
    Les premières victimes de Mondovi furent des enfants en 1848. Une dizaine sont victimes d'on ne sait quel mal. Est-ce à cause des conditions de vie, de la malnutrition ?  Les médecins qui officient sur la colonie sont incapables de le dire.  Comme dans beaucoup de communes autrefois, on décide d'enterrer les morts près du futur emplacement de l'église, c'est à dire au centre de la colonie. 

    L'emplacement définitif du cimetière a été choisi à l’écart du village. Pour s'y rendre il fallait sortir du village vers  Penthièvre, passer le passage à niveau de la voie férrée et prendre le chemin sur la droite qui menait directement à ce lieu de repos éternel.
    Dans ce cimetière sont encore enterrés mes deux grands pères.
    Le lieu était suffisamment loin pour que nos  parents trop soucieux  de notre sécurité, nous interdisent d’y aller seuls, surtout au moment des évènements.
    Je me souviens cependant avoir passé de merveilleux moments durant les années cinquante et surtout lors de la retraite de la communion avec des camarades. Il y avait, avec nous, le curé (Galéa) qui choisissait régulièrement ce champ face à l’entrée du cimetière pour permettre libre cours à nos ébats de jeunes garçons fous.

    Fous nous l’étions puisque nous entamions l’âge ingrat de l’adolescence avec en ligne de mire le lycée qui nous attendait à Bône.

    Je me rappelle ce jour où deux immenses meules de paille étaient implantées  juste en face  du portail. Notre premier exploit avait été de tenter l’ascension des meules pour nous asseoir au sommet. Inutile de vous dire combien  la courbe de la meule avait évolué. Elle finit par  former, à la base, un tas de paille qui nous servit  de réceptacle lorsque nous décidâmes de nous lancer depuis le sommet. Je me suis, par la suite, souvent posé la question de savoir si le curé connaissait le propriétaire de la paille...C’était en 1955.

    A deux pas, derrière le mur d’enceinte du cimetière, mes deux grands-pères devaient nous entendre crier. Ma jeunesse insouciante a occulté la possibilité d’un recueillement même furtif. Il faut dire qu’à cette époque j’étais loin de penser qu’un jour ils mourraient une deuxième fois parce qu’abandonnés de tous.

    Ils sont maintenant de l’autre côté de la mer livrés au bon vouloir des gérants du lieu.