• Ce qui s'est passé de 1830 à1848

    C’est le 12 décembre 1848 qu’environ 900 personnes se retrouvent en Algérie sur le site prévu pour créer un centre agricole qui prendra pour nom MONDOVI.  Les Français sont pourtant en Algérie depuis 1830 puisque la prise  d’Alger a  en lieu en juillet de cette année.
     Dix-huit ans se sont donc écoulés. 

     Que s’est-il passé pendant ces 18 années ?
       

    CHARLES X ABDIQUE



    Ce qui s'est passé de 1830 à1848

        En 1830  Charles X, frère de Louis XVIII  est roi des français depuis 6 ans. C’est lui qui approuvera le projet du débarquement sur la presqu’île de Sidi Ferruch près d’Alger.

    Mais la France connaît de graves crises économiques et politiques. Le peuple se soulève pendant les 3 journées des 27, 28, et 29 juillet 1830.

    Charles X abdique et le 9 août 1830 Louis-Philippe devient Roi des Français.
    La prise d’Alger  en 1830 marque la volonté de la France de conserver son influence en méditerranée.

    Après de longues hésitations, elle s’engage dans l’aventure de la conquête algérienne.  

    Les gouvernements français qu’ils soient celui de Charles X ou celui de Louis-Philippe ne savaient pas jusqu’où ils pousseraient l’occupation de l’Algérie après la prise d’Alger.

    La conquête allait être longue et pénible d’autant qu’elle a été faite, au départ, sans plan déterminé.
    Jusqu’en 1840 on se borna à occuper la zone côtière (Bône, Bougie, Oran, Mostaganem).

    En 1841 une conquête méthodique a été organisée.


    CALENDRIER DE L'ANNEE 1830.

    25 Mai : - Une flotte de 650 navires commandée par le vice-amiral Duperré quitte Toulon en direction d'Alger.

    13 Juin : - La flotte Française arrive en baie de Sidi Ferruch.

    14 Juin : - Avant le lever du jour les troupes françaises, (30.000 hommes) sous le commandement du général Louis de Bourmont, débarquent à Sidi Ferruch à 30 kilomètres, à l'ouest, d'Alger. C'est le plan de débarquement de l'officier du Génie, Boutin, que Napoléon Bonaparte, avait envoyé secrètement en Berbèrie, qui a été ressorti et utilisé.   

    19 Juin : - Bataille de Staoueli, les troupes françaises prennent l'avantage sur les troupes Turcs, commandées par l'Agha Ibrahim, gendre de Hussein, le Dey d'Alger.

    4 Juillet : Les troupes françaises assiégent le « Fort l'Empereur », au dessus d'Alger, qui leur barre l'accès à la ville.

    5 Juillet : - Après une défense héroïque les Turcs font sauter le Fort et les Français entrent dans Alger où le Dey Hussein, capitule sans condition.

    10 Juillet : - Avec l'accord des Français, le Dey d'Alger s'embarque pour Naples, les français ont saisi son trésor, mais la moitié de celui-ci, sera détournée.

    Août : - Louis-Philippe Ier, devient Roi des français après l'abdication de Charles X.

    1 Octobre : - Le général Clauzel recrute parmis les Kabyles Zouaouas, des « Bataillons Indigènes, » encadrés par des Français, qui deviendront les Zouaves.

    24 Décembre : - Le général Clauzel crée à Alger une milice composée de civils français, d'étrangers et d'indigènes, les ancêtres des Unités Territoriales.

    31 Décembre : - En Berbèrie, l'Agriculture utilise 500 000 hectares de terres cultivées, il y en aura 7 200 000 en 1954. 

    1832 : LA PRISE DE BÔNE

    Dans ce journal nous aurons souvent l’occasion de parler de Bône, le port le plus proche du village  de « Mondovi ».

    C’est sur les plages de la ville, au bord de la Méditerranée, que nous passions nos meilleurs moments de loisirs.

    Nos pèlerinages pour la fête de St Augustin à la basilique étaient le temps fort religieux des fins d’étés.

    Disons « deux mots» de ce magnifique port de  Méditerranée. 

    BÔNE, et surtout sa rade, ont de tout temps attiré les navigateurs et les marchands.
    Les Phéniciens étaient venus fonder un comptoir commercial sur ce point de l'Afrique du Nord ; c'est ce simple comptoir qui devint Hippo, Hippo Regius, Aneba, et enfin Bône.
    Bône n'est pas bâtie sur l'emplacement autrefois occupé par Hippone. Elle était située à environ deux kilomètres vers le Sud
    Hippone existait depuis plus d'un millier d'années déjà, lorsque Saint-Augustin attira sur elle les regards du monde chrétien : elle ne lui survécut pas et, c'est une autre Ville qui vint se placer plus au Nord, sur le bord rocheux du rivage de ce golfe admirable dont les calmes et profondes eaux étaient si appréciées par les navigateurs fuyant les tempêtes.
    Les Arabes qui fondèrent Aneba et Bône, après la ruine d'Hippone, utilisèrent aussi la rade pour leurs exploits de piraterie en Méditerranée. L'historien arabe El-Bekri, dans sa « description de l'Afrique septentrionale » affirme que c'était de Bône que les galères partaient pour faire la course sur les côtes du pays des Roumis (Européens) de la Sardaigne, de la Corse et autres lieux.
    Ce choix de la rade de Bône par les Barbares démontre que, dès cette époque déjà, était reconnue l'importance stratégique du golfe qui, par sa position, permet de surveiller les mouvements des bateaux à travers le détroit de Sicile qu'empruntent forcément tous ceux qui traversent la Méditerranée d'Est en Ouest, ou inversement.
    Les Anglo-Amééricains  devaient, bien des siècles plus tard, en 1942, avoir pour le port de Bône, la même prédilection, mais pour des fins plus hautes, plus humaines et plus glorieuses.

    Quelle est l'origine du nom de Bône ? 

    C'est un point qui n'a jamais été précisément défini. Les Indigènes du pays appelaient Bône, « Bled El Aneb », c'est-à-dire la ville des jujubiers, à cause de ces arbres épineux, nombreux dans la campagne bônoise, dont les petits fruits rouges étaient  vendus chaque fin d'été dans nos rues, en petits cornets de papier pour des prix modiques.
    Cet arbre que l'on nomme aussi « Epine du Christ », parce que l'on croit que ses rameaux ont servi à faire la couronne d'épines du Christ, est aussi entré dans la composition des Armes de Bône et a suscité sa devise. Au dessous, la croix de guerre avec palme qui a été donnée à la ville par un de ses plus illustres enfants : le maréchal Juin, pour son attitude héroïque durant la dernière guerre

    Blason de la ville de Bône

    Dans le blason de la Ville, on voit, en effet, sous un lion tranquillement assis au bord du rivage, évoquant l'ancien rocher du lion, une branche de jujubier, avec cette inscription latine « Férit et Alit » que l'on traduit communément par « elle pique et elle nourrit ». 

    LES CHASSEURS D'AFRIQUE SONT CREES.

     Les premiers généraux (Bourmont, Clauzel) qui forcèrent le passage de l’Atlas  entreprirent d’organiser des corps d’armée indigènes.

      Le 10 Décembre 1830 on créa les " les Chasseurs Algériens " composés de cavaliers Français et Indigènes, on les nommait également " Zouaves à cheval " ou " Numides. Ils furent évidemment vêtus " à l'orientale " de ce qui était en fait un costume turc d'apparat et pour manteau un burnous blanc.  Pour arme un long sabre recourbé, des pistolets passés à la ceinture, un fusil porté en bandoulière. Leur particularité était d'être montés sur des chevaux barbes entiers, de race locale, plus petits que les chevaux d'Europe.

                      Constatant l'efficacité de cette cavalerie légère adaptée aux rudes conditions de l'aridité et du relief de la terre africaine, par ordonnance royale du 17 Novembre 1831, Louis-Philippe 1er créa les deux premiers régiments de Chasseurs d'Afrique où furent versés les Chasseurs Algériens et d'autres cavaliers prélevés sur des régiments de France.

    Le premier régiment était destiné à la province d'Alger.
    Le deuxième régiment allait servir dans la province d’Oran

     En 1833 on ne tarda pas à créer un 3ème régiment à Bône.

                      Comme toutes les autres unités de l'armée, ils participèrent à la pacification de la future province française avec courage et abnégation, tour à tour soldats, bâtisseurs, policiers, administrateurs et agriculteurs en luttant contre la tyrannie, la violence et le banditisme.

                      En 1834, les " chasseurs spahis " seront séparés des Chasseurs d'Afrique et serviront de base à la formation des  « Spahis réguliers d'Alger », premier régiment de cavalerie  indigène. Désormais la cavalerie d'Afrique se composait de deux subdivisions d'arme distinctes: Les Chasseurs, enrôlant des Européens et les Spahis, des Musulmans.

    On créa le 4ème régiment le 31 Août 1839 dans la province de Constantine. Le 2 Janvier 1840, Il se trouve à Guelma, le 10 Janvier 1841 il y reçoit son étendard. 

    PREMIERE DIFFICULTE : ABD-EL-KADER                              

    Ces soldats allaient devoir lutter contre un rude adversaire. La piété et la bravoure de cet homme lui valu de se voir attribuer le titre d’émir par les arabes. Une guerre sainte commença avec, au côté d’Abd-el-Kader, de nombreuses tribus.

    En 1835 une offensive contre les français empêche le général Trézel de prendre Mascara et lui fait subir une défaite à la Macta. Le général Clauzel réussit, heureusement, peu après à conquérir Mascara et Tlemcen.

    En 1837 un grave échec de Clauzel devant Constantine amène cependant les français à entamer des discussions avec l’émir. Ces discussions conduites par le général Bugeaud débouchent sur le traité de la Tafna par lequel Abd-el-Kader reconnaît la souveraineté de la France sur Alger, Oran et leurs territoires ; le reste du pays demeure en possession de l’émir dont le pouvoir est ainsi considérablement étendu. 

    Quelques mois plus tard, profitant de ce répit, les Français prirent d’assaut Constantine (juillet 1837).

    En 1839 le général DESMICHELS eut la malheureuse initiative de signer avec Abd el kader un traité qui lui imposait la suzeraineté de la France mais en même temps le reconnaissait officiellement comme le chef des Arabes d’Algérie.

    ABd-el-Kader en profita pour étendre son autorité et se préparer (alliance avec le Maroc) à chasser les chrétiens d’Algérie.

    Pour attaquer de nouveau, il prit comme prétexte l’occupation des Portes de Fer nécessaire pour assurer les communications entre Alger et Constantine.

    Il envahit la Mitidja et y massacra les colons (1839).

    Après cette action, le gouvernement français décida d’entreprendre une conquête totale. Bugeaud fut nommé gouverneur.
     

    L’OCCUPATION                                                                                  

     

    Le général Bugeaud disposait de 80.000 à 100.000 hommes avec lesquels il inaugura une méthode de guerre toute nouvelle. Il forma des colonnes légères pouvant se déplacer rapidement. Bien secondé par ses lieutenants (Cavaignac, Lamoricière, Changarnier) il rendit coup pour coup à l’ennemi. Il développa en même temps la colonisation en distribuant des terres et en exécutant des travaux d’utilité publique. Il avança vers l’intérieur et occupa successivement Mascara, Saïda, Tlemcen, Batna, Biskra (1841-42).

    En 1843, le Duc D’Aumale s’empara de la smala d’Abd-el-Kader qui s’enfuit au Maroc et entraîna le sultan à la guerre contre la France. Les Marocains furent mis en déroute près de la rivière de l’Isly (1844), demandèrent la paix et l’obtinrent facilement.

    La lutte continua contre Abd-el-Kader, pleine d’atrocité mais l’émir, peu à peu abandonné était réduit qu’à être un chef de bandes. Il dut se rendre le 23 décembre 1847. Conduit en France, il fut enfermé au château de Pau puis d’Amboise.

    Deux mois après la reddition d’Abd-el-Kader, le trône de Louis-Philippe s’écroulait. 

    LOUIS-PHILIPPE ABDIQUE 


     
       Ce qui s'est passé de 1830 à1848
                                                                

     

    Après les journées d’émeutes de février 1848, Louis-Philippe découragé, se sentant abandonné de la garde nationale quitte précipitamment la capitale pour se réfugier en Angleterre. Un gouvernement provisoire proclame la Deuxième république. Pour donner de l’ouvrage aux ouvriers de Paris réduits à la misère, les ateliers nationaux sont fondés. Le travail est rétribué par l’Etat. Mais on ne tient aucun compte de la spécialisation des ouvriers, qu’on emploie d’abord à remuer la terre du Champ de Mars, qu’on envoie ensuite défricher et assainir la Sologne, qu’on incite à s’engager dans l’armée.

    La misère grandissante dans la population, la suppression des ateliers  nationaux ruineux entraîne une formidable insurrection en juin. Paris se couvre de barricades pendant 4 jours. Les ouvriers et les insurgés affrontent les troupes et la garde nationale commandées par le général CAVAIGNAC, ministre de la guerre. Les combats acharnés dans les rues de la capitale tournent à l’avantage des troupes gouvernementales. Les combats feront 1500 morts et des milliers de blessés. L’Assemblée vote la déportation des insurgés faits prisonniers.

     LA COLONISATION CIVILE DE L'ALGERIE EST DECIDEE

    En août 1848 l’Assemblée est saisie d’un projet portant sur la colonisation civile de l’Algérie.

    Le décret du 19 septembre décide de l’établissement de colonies agricoles en Algérie.

    Le processus de la colonisation méthodique de l’Algérie est enclenché.

    Une commission nommée par le pouvoir se charge de la sélection et du recrutement des personnes intéressées par la colonisation. Un dossier leur est demandé concernant leur santé, leurs antécédents civils et militaires, leur état civil.

    Douze mille hommes, femmes et enfants sont retenus pour effectuer le voyage vers l’Algérie. Parmi eux, environ 900 individus constitueront le 11ème convoi prévu pour créer le centre agricole de Mondovi à une vingtaine de kilomètres au sud de Bône.